Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 16:04

Certains d’entre-nous éprouvent une certaine gêne par rapport à Jean Calvin. D’un côté, Calvin est  sympathique par certains aspects. Il est par exemple le fondateur du protestantisme en France. Il est aussi cet homme courageux qui n’a jamais renié ses convictions mais a préféré s’exiler de sa patrie. Il est aussi ce brillant intellectuel auteur d’un joyau de la littérature chrétienne avec  L’Institution de la religion chrétienne. D’un autre côté, Calvin peut fortement nous insupporter. Il est celui qui a participé à l’exécution de Michel Servet sous prétexte que ce dernier ne croyait pas en la Trinité. Calvin est aussi celui qui est l’auteur de l’insoutenable doctrine de la double prédestination, à savoir : « le conseil éternel de Dieu par lequel il décide ce qu’il veut faire des hommes, les uns au salut, les autres à la condamnation éternelle ». Enfin Calvin est cet homme austère qui a favorisé des lois à Genève comme l’interdiction des danses sous peine de trois jours de prison. Serait-ce une raison pour éliminer Calvin de notre héritage. Certes non ! Calvin est comme nous tous un mélange de sainteté et de péché. Une grande partie de sa pensée reste extrêmement actuelle. Il a notamment une vision équilibrée des sacrements. Loin du moralisme et du laxisme éthique, il est aussi cette conviction que le chrétien est appelé à progresser spirituellement. Pourquoi ne pas profiter de cette année 2009 pour redécouvrir la pensée de Jean Calvin ? Les livres à ce sujet sont abondants. Des groupes dans nos Eglises vont se créer. Tout en gardant l’esprit critique, nourrissons-nous de la théologie de Jean Calvin, notre foi en Christ s’en trouvera stimulée !

 

 

 

Par Eglise réformée de Roubaix-Tourcoing
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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 12:10

Nous venons d'apprendre durant cette semaine de prière pour l'unité des chrétiens la levée des excommunications des quatre évêques traditionalistes sacrés par Mgr Lefebvre en 1988. Dans ce contexte, quel est l'avenir de l’œcuménisme? Nous laissons à votre réflexion un communiqué du  Comité directeur de Paris des "amitiés judéo-chrétiennes"


Le pape Benoît XVI vient de lever l¹excommunication (décision juridique) des quatre évêques qui avaient été excommuniés par Jean-Paul II en 1988. Il le fait sur la demande de Mgr Fellay qui déclare reconnaître « l¹autorité du pape, l¹enseignement de l¹Église dans un esprit filial, tous les conciles  jusqu¹à Vatican II » mais, dans ce dernier cas, avec des réserves. « Nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu'à Vatican II au sujet duquel nous émettons des réserves » affirme Mgr Fellay. Nous n¹avons pas de peine à deviner lesquelles : la réforme liturgique, la liberté religieuse, le dialogue oecuménique, l¹ouverture aux autres religions. La déclaration Nostra Ætate est donc visée, et en particulier son ch. 4, sur les relations avec le peuple juif ce qui risque de porter atteinte au dialogue. Certes, la levée de l¹excommunication ne supprime pas le schisme ; ces quatre évêques, et leurs prêtres, devront reconnaître Vatican II pour entrer en pleine communion dans sa totalité. Après la prière pour les Juifs du Vendredi Saint qui leur a été concédée, un nouvel événement nous choque : l¹un des quatre évêques, Mgr Williamson, se révèle être négationniste. D¹un point de vue seulement canonique, nous voulons bien croire que cela n¹a rien à voir avec la levée de l¹excommunication, mais il faudrait être absolument aveugle et sourd pour affirmer qu¹il n¹y a « rien à voir » ni à entendre entre la levée de l¹excommunication et l¹affirmation du négationnisme. L¹indignation générale soulevée par les propos de Mgr Williamson prouve le contraire. Avec le négationnisme, nous plongeons dans l¹abîme de l¹idéologie des Nazis qui, voulant anéantir jusqu¹à la racine le peuple porteur de la révélation du Dieu Un, ont tout tenté pour montrer non seulement que leur crime n¹en était pas un, mais aussi qu¹il n¹avait pas existé et cela porte nécessairement atteinte au dialogue entre Juifs et Chrétiens. Nous, membres catholiques de l¹Amitié Judéo-Chrétienne de France, attendons de l¹Église une attitude moins ambiguë en ce qui concerne les relations avec le peuple juif. Cette volonté de favoriser la pleine unité à l¹intérieur de l¹Église catholique, légitime en soi, risque de causer des déchirures
beaucoup plus grandes que celles qu¹elle veut réparer. Et nous sommes certains qu¹elle fait du mal à tous ceux d¹entre nous qui s¹efforcent de maintenir et de faire progresser un véritable dialogue, amical et respectueux, entre Juifs et Chrétiens.
Les membres catholiques de l¹Amitié Judéo-Chrétienne de France, avec
l¹approbation de l¹ensemble du Comité Directeur.

Par Eglise réformée de Roubaix-Tourcoing
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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 12:06

Doit-on défendre le repos dominical contre le projet de loi visant à l’assouplir ? La réponse à apporter à cette question ne fait pas l’unanimité dans nos communautés. Cependant, quelles que soient nos opinions sur ce sujet, l’Evangile nous rappelle deux choses. Tout d’abord la dignité de l’être humain ne dépend pas de ses œuvres et donc du travail qu’il réalise, mais du seul amour que Dieu lui donne. Les humains ont de la valeur parce que Dieu les aime et les sauve et non parce qu’ils travaillent.  Ensuite, lors de la création, Dieu achève son œuvre le septième jour, non pas en travaillant, mais en se reposant. L’aboutissement de la création est dans ce jour de repos qui n’est pas un jour banal mais un jour « béni et consacré » (Genèse 2,3). L’être humain en consacrant une partie de son repos à la prière et au culte participe à l’accomplissement du plan divin dans le monde. Bon dimanche dans le Seigneur à toutes et à tous !

                                                                                                                  Pasteur frédéric Fournier
Par Eglise réformée de Roubaix-Tourcoing
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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /Nov /2008 17:11

L’ampleur de la victoire d’Obama aux élections présidentielles a entraîné une vague d’espoirs chez une majorité d’Américains. Obama décevra-t-il ? L’avenir le dira. Quoi qu’il en soit, le nouvel élu a promis de mettre un frein à la dérèglementation ambiante. Son futur gouvernement devrait intervenir notamment dans le domaine social en favorisant pour tous l’accès à la sécurité sociale. Pour un chrétien, l’Etat doit-il être interventionniste ? Certes, les Eglises n’ont pas à donner de consignes de vote lors des élections, mais le Dieu auquel nous croyons est un Dieu en faveur des pauvres. Bien sûr  le pauvre n’est pas meilleur que le riche sur le plan moral. Mais Dieu éprouve la souffrance du faible jusqu’à se mettre dans la peau de celui qui sans manteau est victime du froid : « Si le pauvre [sans manteau] crie vers moi, je l’écouterai, car moi je suis bienveillant » (Exode 22,26). Et puisque Dieu est bienveillant par nature, il demande aux dirigeants politiques de son peuple de légiférer en faveur des pauvres. On trouve la trace d’une telle législation en Lévitique 25. Certes, il n’est pas question de favoriser l’oisiveté, mais de tendre vers l’établissement d’une plus grande justice sociale. 

Un des principaux rôles des gouvernements (passés, actuels et futurs) est de lutter pour réduire la pauvreté. Cette lutte pour être efficace doit forcément passer par un arsenal législatif contraignant. Alors, oui, l’Etat doit être interventionniste !

 

Frédéric Fournier, pasteur proposant à Roubaix-Tourcoing.

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Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /Sep /2008 11:33

 

La venue du pape Benoît  XVI en France a été l’occasion de grandes réjouissances parmi nos sœurs et frères catholiques. Ceci est compréhensible, puisque le pape a un rôle très important pour les catholiques : « [Le pape] a sur l’Eglise […] un pouvoir plénier, suprême et universel ». Lui et les évêques ont une responsabilité d’enseignement, c’est à dire « de veiller à ce que le Peuple de Dieu demeure dans la vérité qui libère. Pour accomplir ce service, le Christ a doté les pasteurs [le pape et les évêques en communion avec lui] du charisme d’infaillibilité en matière de foi et de mœurs  ».  (Catéchisme de l’Eglise catholique de 1992, 882 et 890). Même si nous ne sommes pas d’accord avec de tels propos nous devons les respecter. Mais surtout, quelle que soient l’appréciation que l’on peut avoir sur la personne de Benoît XVI, nous devons reconnaître que celui-ci est un brillant intellectuel et fin penseur. Titulaire d’un doctorat en théologie depuis 1953, il a été professeur de théologie, expert au concile Vatican II,  fondateur de la  revue théologique « Communio », et enfin auteur d’ouvrages théologiques solides (comme Jésus de Nazareth  publié en 2007).

Cependant, quant à nous protestants, en paraphrasant  Boileau, nous affirmons que « tout protestant est pape, Bible à la main ». Les convictions en matière de dogmes et de mœurs ne peuvent être que personnelles. Aucun synode, aucun pasteur ni personne d’autre, ne peut dicter à un protestant ce qu’il doit penser et croire. Mais, il ne s’agit pas d’émettre des opinions à l’emporte pièce sans réflexion préalable. Certes, la conscience de chacun éclairée par la lecture de la Bible, assistée du Saint-Esprit, est source de ses propres convictions en matière de foi et de meurs. La conscience pour être éclairée doit aussi être soutenue par la raison. Cela implique un réel travail de lecture, de recherche et de réflexion. Alors profitons de cette nouvelle année scolaire pour participer aux études bibliques aux conférences et groupe de réflexion. Lisons aussi des ouvrages de théologie et de spiritualité. Notre site Internet donne quelques suggestions. Nos sommes protestants, alors étudions et notre conscience s’illuminera chaque jour davantage !

 

Pasteur Frédéric Fournier
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Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /Mai /2008 14:23

D’après-vous l’enfer existe-t-il ? Qu’est-ce que l’enfer ? Dieu peut-il « envoyer » des êtres humains en enfer ? Pour susciter le débat, nous insérons une coutre réflexion du pasteur Frédéric Fournier.  

 

Pour les plus anciens d’entre-nous l’idée d’aller en enfer les a peut-être effrayés. Il est vrai que les pasteurs et les prêtres ont beaucoup prêché sur ce sujet. Pour les plus jeunes d’entre nous, l’existence de l’enfer relève de la mythologie. Qu’est-ce que l’enfer d’un point de vue chrétien ? Serons-nous tous auprès de Dieu après notre mort ? 

 

1/ Qu’est-ce que l’enfer ?

Plusieurs fois, le Nouveau Testament fait allusion à l’enfer. Par exemple, l’Apocalypse de Jean décrit un « lac de soufre enflammé » où ceux qui auront le malheur de séjourner « seront tourmentés jour et nuit pour toujours » (Apocalypse 20,10). Mathieu fait dire à Jésus s’adressant au damnés : « Allez-vous-en loin de moi, maudits ! Allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges ! » (Mathieu 25,46). Ainsi, le Nouveau Testament nous décrit avec un style littéraire imagé, très en vogue à l’époque, l’enfer comme  un état de séparation durable d’avec Dieu (« Allez-vous-en loin de moi ») qui engendre la souffrance (« Lac de souffre enflammé », « feu éternel »).

 

Une question vient naturellement : peut-on concevoir que des humains vivront séparés définitivement de Dieu ? Si nous répondons par la négative, Dieu accueillera-t-il de la même manière Martin Luther-King et Adolf Hitler ? 

 

2/ L’enfer sera-il vide ?

Une remarque s’impose : Dieu seul est juge. Nous n’avons donc pas à avoir la prétention de nous substituer à lui dans l’exercice de sa justice. De plus, les chrétiens, et plus particulièrement les protestants, croient en un Dieu d’amour et de grâce  plutôt qu’en un Dieu justicier (1 Jean 4,16). Dieu qui est l’amour parfait aime même ceux qui ne l’aiment pas.  C’est pour cette raison que le Christ donne ce commandement à ceux qui veulent devenir parfaits comme Dieu (Matthieu 5,48) : «  Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. » (Mathieu 5,44).  Dieu peut-il donc jeter un homme éternellement en enfer ? La décision de Dieu d’envoyer un humain en enfer semble totalement contradictoire avec l’amour de Dieu qui est son attribut essentiel.

Cependant, nul ne peut forcer un individu à aimer quelqu’un d’autre. Nous devons postuler a priori que l’être humain est libre d’aimer ou de ne pas aimer Dieu. Ce sont les hommes refusant son amour qui « iront en enfer », c’est à dire  qui vivront séparés de sa tendresse bienveillante. Quand chacun d’entre-nous, aussi mauvais soit-il, sera face à Dieu, aura-il vraiment envie de refuser ce torrent d’amour, source de toute purification et de tout bonheur ? Certains pensent que oui, d’autres (comme votre serviteur) pensent que non.

Quand nous agissons de manière contraire à notre conscience et à l’amour de Dieu, nous plongeons dans un état de souffrance. Qui d’entre-nous n’a jamais souffert en éprouvant de la haine, de la colère ou du ressentiment ? Agir contre l’amour de Dieu nous fait vivre un « état d’enfer » dès ici-bas.

 

Une chose est certaine, quand nous oeuvrons en paroles et actes pour l’avènement de l’amour de Dieu et du prochain, la souffrance et l’enfer reculent sur cette terre. Travaillons donc dans ce sens !  « Dieu est amour » (1 Jean 4,16) et Il « veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Timothée 2,4).

 

 

Par Eglise réformée de Roubaix-Tourcoing
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Mardi 4 mars 2008 2 04 /03 /Mars /2008 14:57
Les Eglises doivent-elles donner des consignes de vote?

Les Eglises doivent-elles donner des consignes de vote aux élections ? Cette question renvoie à une problématique plus générale : les Eglises doivent-elles faire de la politique? Le Nouveau Testament n’a pas de position uniforme sur cette question. Par exemple, Jean dans l’Apocalypse a une vision extrêmement pessimiste des dirigeants politiques. Les disciples de Jésus n’appartiennent plus à ce monde terrestre, qui est fondamentalement mauvais, mais au monde céleste. Si l’on s’en tient donc à cette vision-là, l’Eglise ne devrait jamais faire de politique.

Cependant, Luc dans les Actes des apôtres a une perception plus optimiste des dirigeants politiques de son époque. Certains biblistes, comme Daniel Marguerat, vont même jusqu’à affirmer que Luc avait « un projet de civilisation chrétienne ».  Selon une telle vision, l’Eglise devrait donc faire de la politique.

Et selon vous, l’Eglise devrait-elle faire de la politique ? Pour rappel, nous vous redonnons le fameux texte de l'évangile de Matthieu : « Rendez à César ce qui appartient  à César et rendez à Dieu ce qui appartient à Dieu ».

 

Les pharisiens envoyèrent ensuite quelques–uns de leurs disciples et quelques membres du parti d’Hérode dire à Jésus : Maître, nous savons que tu dis la vérité : tu enseignes la vérité sur la conduite que Dieu demande ; tu n’as pas peur de ce que pensent les autres et tu ne tiens pas compte de l’apparence des gens.

 Dis–nous donc ce que tu penses de ceci : notre loi permet–elle ou non de payer des impôts à l’empereur romain ?

 Mais Jésus connaissait leurs mauvaises intentions ; il leur dit alors : Hypocrites, pourquoi me tendez–vous un piège ?

Montrez–moi l’argent qui sert à payer l’impôt. Ils lui présentèrent une pièce d’argent, et Jésus leur demanda : Ce visage et ce nom gravés ici, de qui sont–ils ? – De l’empereur, répondirent–ils. Alors Jésus leur dit : Payez donc à l’empereur ce qui lui appartient, et à Dieu ce qui lui appartient.

 

Par Eglise réformée de Roubaix-Tourcoing
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Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 16:11
Pour alimenter la réflexion, voici un article du pasteur Laurent Gagnebin, ancien professeur à l'Institut Protestant de Théologie de Paris. L'article, au titre un peu provocateur, "le pape a raison" est extrait du mensuel Evangile et Liberté de janvier 2008. Alors, le pape a-t-il raison?  L'oecuménisme a-il encore un avenir? Les protestants forment-ils véritablement une Eglise? A vous de le dire...

Le pape a raison 

 

Depuis la publication, en juillet 2007, du texte de la Congrégation pour la doctrine de la foi réaffirmant que l'Église catholique est la seule et unique Église du Christ et qu'elle détient la vérité en plénitude, le troisième rassemblement oecuménique européen de septembre à Sibiu, en Roumanie, a un peu calmé les esprits. La déclaration du Vatican avait en effet suscité dans le monde entier, depuis les simples fidèles jusqu'aux officiels des Églises protestantes, un immense émoi. Cela dit, Rome n'a fait que répéter ce qu'elle a toujours affirmé.

 

La définition romaine de l'Église n'a rien à voir avec la naître. L'Église romaine a choisi, au cours des siècles, de se définir à travers l'assemblée des évêques, dont le premier est le pape, et cela dans un modèle pyramidal, hiérarchique et monarchique. Les protestants privilégient un modèle collégial et démocratique qu'ils estiment plus ancien et conforme aux premiers témoignages de la Bible et des Pères. Rome défend une succession apostolique historico-matérielle à travers une chaîne ininterrompue d'impositions des mains faites par les évêques et commençant avec Pierre et les apôtres pour se prolonger indéfiniment jusqu'aux prêtres de tous les temps. Nous défendons une succession apostolique comprise comme une fidélité des croyants, spirituelle et théologique, au témoignage biblique et apostolique, fidélité que ne saurait garantir une chaîne épiscopale très fictive, selon nous, puisqu'elle a connu plusieurs ruptures et comporte des trous artificiellement comblés.

Cette définition romaine de l'Église s'accompagne, très logiquement, d'une sous-estimation de la pluralité qu'appellent et les quatre évangiles et l'existence d'un christianisme primitif où coexistent des Églises diverses aux organisations différentes. D'où cette affirmation de l'unité avec une tradition normative et monolithique définissant en Rome la plénitude de vérité ; d'où notre préférence accordée à l'union des Églises chrétiennes et la reconnaissance d'un christianisme pluriel et riche de sa diversité, même doctrinale.

Oui nous ne sommes pas Église au sens romain et nous ne voulons pas l'être. Le Pape ou la Congrégation catholique pour la doctrine de la foi, ce qui revient au même, ont raison. Mgr Kurt Koch, président de la Conférence des évêques suisses et le cardinal Walter Kasper ne déclarent pas autre chose quand ils soulignent que le texte ne veut pas dire que les communautés protestantes ne sont pas des Églises, mais qu'elles ne le sont pas au sens que Rome donne au mot " Église ". Nous sommes entièrement d'accord avec cela. Pour les catholiques, l'Église romaine continue l'incarnation du Christ et bénéficie alors du même pouvoir de révélation et de salut qu'avait Jésus lui-même. Pour les protestants, l'Église est l'assemblée des fidèles suscitée par l'événement de la prédication de la Parole de Dieu.

Ne pas accepter que Rome s'exprime ainsi serait interdire au catholicisme romain d'être ce qu'il est.

" L'Église réformée de France professe qu'aucune Église particulière ne peut prétendre délimiter l'Église de Jésus-Christ, car Dieu seul connaît ceux qui lui appartiennent. " (Discipline de l'ERF, 111). Pour nous, en effet, il y a les Églises institutionnelles, dont celle de Rome, et une Église, universelle et invisible, dépassant toutes les institutions chrétiennes et les frontières religieuses.
Laurent Gagnebin

 

Par Eglise réformée de Roubaix-Tourcoing
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Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 19:49
Pensez-vous que les protestants ont besoin de rites? Pour alimenter le débat, voici un article du pasteur Frédéric Fournier qui a été publié dans le mensuel Evangile & Liberté.

 

« Cérémonie réglée ou geste particulier prescrit par une liturgie d’une religion »

Les réformateurs surtout dans les Eglises réformées ont été très réservés concernant l’abondance des rites pendant le culte. Ainsi ont disparu de nos cérémonies un certains nombre de gestes (signe de croix, …), d’objets (bougies, encens…) et d’habits (aube, étole…)

Nos pères ont à juste titre pensé que les rites pouvaient être dangereux. Les rites pouvaient être perçus de manière magique. Les rites étaient censés faire venir Dieu comme un maître appelle son chien. Or Dieu est souverain. De plus, ces rites enfermaient Dieu. Or Dieu, souverainement libre peut donner sa grâce par les moyens qu’il veut.

Pourtant, l’homme n’est pas un pur esprit. Il a besoin de rites pour vivre. Serrer la main à un ami, mettre un costume et une cravate lors d’un entretien d’embauche… Tous ces rites profanes structurent les êtres humains. Je pense qu’il en est de même pour le culte protestant. Ne devrait-il pas comporter un ensemble de rites que nous avons peut-être trop rapidement évacués ? Loin d’enfermer la grâce, ils sont des moyens de structurer notre foi et de l’exprimer. Concernant, les rites bibliques. Ne faudrait-il pas rétablir l’onction des malades ? Pourquoi s’opposer à une Cène hebdomadaire ? Quant aux rites « humains », doivent-ils être balayés d’un revers de main ? Une bougie devant la bible ouverte n’exprimerait-elle pas que le Christ est la lumière qui nous éclaire dans notre vie ? Que penser de l’usage de la chaire et de la robe pastorale ? L’homme est aussi corporel. Dieu s’est incarné en Jésus. Alors pourquoi désincarner nos cultes ?

Par Eglise réformée de Roubaix-Tourcoing
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